dimanche 24 juin 2012
Théorie du genre : il n'y a ni homme ni femme mais des consommateurs
Tout le monde a entendu parler de cette nouvelle lubie du libéralisme mondialiste qui tient à ce que tous les hommes perdent tout repère et ne puissent plus s'identifier par leur identité sexuelle.
Pourquoi ?
Parce que sans identité, ils ne seront plus que des abîmes de frustration névrotique qui ne trouveront de repos que dans la consommation fébrile. Cette nouvelle attaque contre la nature s'inscrit dans une série cohérente :
Le patriotisme est un péché, vous serez tous citoyens d'un monde sans frontière,
Les langues régionales sont des archaismes dont vous devriez avoir honte : il faut dorénavant vous exprimer dans le babil de la novlangue,
Vous étiez fiers des richesses culturelles transmises par vos pères : vous n'aurez maintenant plus d'autre culture que celle dispensée par les chaînes de télévision aux mains de groupes fianciers avides qui veulent vendre aux annonceurs la conscience de leurs victimes vidées de toute référence,
Vos vies avaient un sens grâce à votre religion ? vous n'aurez d'autre religion que celle de l'Homme au moi collectif colonisé par la propagande,
Vous vous inscriviez dans une lignée, avec le souci de transmettre les richesses de votre peuple à vos enfants ? Vous n'aurez plus d'autre but que de jouir un peu dans une existence vidée de toute transcendance, de tout sens
Vous vouliez épanouir votre féminité ou pire votre masculinité ? Aujourd'hui vous serez des femâles polymorphes
Jean Jacobi
La théorie des Genres dossier Communio
Nous naissons homme et femme.
Mais la différence sexuelle n’est ni un simple fait biologique, ni une convention sociale, arbitraire et révocable. Elle est une vocation, une tâche à assumer. Elle trouve son sens plénier dans la paternité et la maternité qui insèrent la différence sexuelle dans la société et l’élèvent au plan symbolique.
La revue Communio propose un dossier sur ce sujet que vous pouvez consulter en suivant ce lien
mardi 10 janvier 2012
dimanche 6 novembre 2011
jeudi 22 septembre 2011
A propos du linteau de l’abbaye romane de Saint-Genis et son inscription romane
Présentation générale
On se référera au fascicule de Louis Bourlet et Raymond Barde L’abbaye romane de Saint-Genis, que l’on dit « des Fontanes », juin 2009.
Il s’agit du plus vieux monastère du Roussillon. Sa fondation remonte aux années 780-790. Une Charte de Louis le Pieux, signée en 789, affirme que le monastère appartient bien à un dénommé Sentimir. Il est bâti en l’honneur de Saint-Genis, au lieu dit des « Sources/Fontanas » et qu’il est bien propriétaire de toutes les propriétés entrées dans son patrimoine.
Le linteau de Saint-Genis est la plus ancienne pierre romane datée connue. Elle date de 1019-1020. Dans la partie supérieure, au-dessus du Christ, placé dans une mandorle, on trouve deux lignes en latin indiquant les circonstances de la réalisation de la sculpture.
Anno videsimo quarto regnante rotberto rege willelmus gratia dei aba ista opera fieri jussit in honore sancti genesii cenobii que vocant fontanas.
La vingt-quatrième année du règne du roi Robert, Guillaume, abbé par la grâce de Dieu, commanda cette œuvre en l’honneur du monastère de Saint-Genis que l’on appelle des Fontaines.
On relève, dans cette inscription, un certain nombre de traits spécifiques propres au latin tardif. :
Videsimo est utilisé à la place de vicissimo, avec palatalisation de la gutturale g.
La dentale T se trouve devant la labiale dans ROTBERTO.
L’emploi de ISTA annonce l’article propre à l’espagnol.
QUE est mis pour QUAE et offre, ainsi, un exemple de la disparition de la déclinaison.
L’iconographique (communication du Professeur Lasagna)
L’image représentée est celle du Christ crucifié. Les deux personnages sont à droite saint Jean, à gauche la sainte Vierge ; les deux personnages montrent leur douleur, la Vierge en se battant la poitrine, Saint Jean par les mains croisées sur sa poitrine. Le Christ tourne ses yeux vers sa Mère pour exprimer les paroles : Mère, voici ton fils (c’est-à-dire Jean).
L’image du linteau. Elle se réfère à l’Apocalypse, surtout au chapitre 21. Le Christ est le juge du jugement dernier, 6,7-8 (alpha et oméga 6,6), dans la main il tient le livre des sept sceaux (chap. 5-6), la mandorle est double parce qu’il a la nature divine et la nature humaine. Les six personnages autour de lui sont des apôtres, on peut supposer qu’à l’origine il y avait deux autres panneaux, l’un à droite et l’autre à gauche pour entourer l’autel, et donc le total devait être de 12 apôtres. Les apôtres sont placés dans un édifice (les piliers et les arcs) qui est la Jérusalem céleste. Le seul apôtre qu’on peut distinguer des autres est celui qu’on voit prés du Christ à gauche : c’est saint Jean, l’auteur même de l’Apocalypse : il est figuré appuyant son visage à sa main, c’est un topos iconographique pour saint Jean comme l’auteur de l’Apocalypse et en général pour ceux qui sont en train d’avoir une vision (toute l’Apocalypse est imaginée comme une vision, 1,9-10…). Il est possible qu’un de ces personnages représente en même temps l’abbé.
L’image du linteau. Elle se réfère à l’Apocalypse, surtout au chapitre 21. Le Christ est le juge du jugement dernier, 6,7-8 (alpha et oméga 6,6), dans la main il tient le livre des sept sceaux (chap. 5-6), la mandorle est double parce qu’il a la nature divine et la nature humaine. Les six personnages autour de lui sont des apôtres, on peut supposer qu’à l’origine il y avait deux autres panneaux, l’un à droite et l’autre à gauche pour entourer l’autel, et donc le total devait être de 12 apôtres. Les apôtres sont placés dans un édifice (les piliers et les arcs) qui est la Jérusalem céleste. Le seul apôtre qu’on peut distinguer des autres est celui qu’on voit prés du Christ à gauche : c’est saint Jean, l’auteur même de l’Apocalypse : il est figuré appuyant son visage à sa main, c’est un topos iconographique pour saint Jean comme l’auteur de l’Apocalypse et en général pour ceux qui sont en train d’avoir une vision (toute l’Apocalypse est imaginée comme une vision, 1,9-10…). Il est possible qu’un de ces personnages représente en même temps l’abbé.
Le Christ est doté des stigmates de la passion et d’une barbe qui évoque, elle aussi, le moment de la passion. C’est une image assez répandu en Occident. Inversement dans la tradition byzantine le Christ est souvent représenté imberbe. On connaît un christ imberbe à l’époque mérovingienne dans le crypte de Jouarre. On considère que c’est en emprunt à l’art byzantin.
Le linteau est sans doute un antependium, destiné à être placé à l’intérieur du monastère, devant l’autel. Il a, toutefois, été réutilisé comme parement et remplacé devant l’autel par un tableau de bois.
Saint Josemaria dans un film de Roland Joffé
Roland Joffé, metteur en scène de "Mission" et "La déchirure" vient de réaliser un film dont l'un des héros est le fondateur de l'Opus Dei. Il explique son travail dans une interview donnée à l'agence Zenit.
http://www.opusdei.fr/art.php?p=42476
Roland Joffé, metteur en scène anglais rendu célèbre grâce à "Mission" et "La déchirure", vient de terminer un nouveau film intitulé en anglais "There Be Dragons". Il aborde des questions comme la sainteté et la trahison, l'amour et la haine, le pardon et la violence, la recherche d'un sens à la vie.
http://www.opusdei.fr/art.php?p=42476
Roland Joffé, metteur en scène anglais rendu célèbre grâce à "Mission" et "La déchirure", vient de terminer un nouveau film intitulé en anglais "There Be Dragons". Il aborde des questions comme la sainteté et la trahison, l'amour et la haine, le pardon et la violence, la recherche d'un sens à la vie.
L'action se déroule principalement pendant la guerre d'Espagne, et plusieurs histoires s'y trouvent mêlées : celles de soldats révolutionnaires, d'un journaliste, de son père, de saint Josémaria lui-même.
Le film sortira en Espagne le 25 mars 2011, et le 6 mai au Etats Unis.
Roland Joffé a donné une interview à l'agence de presse Zenit, dans laquelle il explique la genèse de son projet. Le site web de saint Josémaria reprend cette interview, illustrée de photos du film.
Le film sortira en Espagne le 25 mars 2011, et le 6 mai au Etats Unis.
Roland Joffé a donné une interview à l'agence de presse Zenit, dans laquelle il explique la genèse de son projet. Le site web de saint Josémaria reprend cette interview, illustrée de photos du film.
mercredi 21 septembre 2011
Bettý
d'Arnaldur Indridason, le maître du polar islandais
Traduction Patrick Guelpa
Résumé du livre
Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s'avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s'est-il passé ? Je n'avais pas envie de ce travail, de cette relation.J'aurais dû voir les signaux de danger.J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait.J'aurais dû ...J'aurais dû ...J'aurais dû... Maintenant son mari a été assassiné et c'est moi qu'on accuse. La police ne cherche pas d'autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable. Un roman noir écrit avant la série qui fit connaître le commissaire Erlendur.
EAN13 : 9782864248453
ISBN : 978-2-86424-845-3
Éditeur : Métailié
Date Parution : 27/10/2011
Collection : Noir
Dimensions : 22 x 14 x 1 cm
ISBN : 978-2-86424-845-3
Éditeur : Métailié
Date Parution : 27/10/2011
Collection : Noir
Dimensions : 22 x 14 x 1 cm
sortie prévue : 27 octobre 2011
vendredi 17 juin 2011
samedi 4 juin 2011
Le jardin, un sujet philosophique
Après avoir évoqué la pensée de Lucrèce née de la contemplation de la nature, nous proposons un passage de la communication de Mauro Lasagna lors des Journées universitaires de Hérisson (jui 2010)
Le jardin, un sujet philosophique.
D’après Sénèque, la contemplation de la nature prouve l’existence de Dieu, epist. 41, 3 :
Si tibi occurrerit uetustis arboribus et solitam altitudinem egressis frequens lucus et conspectum caeli ramorum aliorum alios protegentium <prouentu>summouens, illa proceritas siluae et secretum loci et admiratio umbrae in aperto tam densae atque continuae fidem tibi numinis faciet. Si quis specus saxis penitus exesis montem suspenderit, non manu factus, sed naturalibus causis in tantam laxitatem excauatus, animum tuum quadam religionis suspicione percutiet.
« Si tu arrives devant une futaie antique d’une hauteur extraordinaire, bois sacré où la multiplication et l’entrelacs des branches dérobent la vue du ciel, la grandeur des arbres, la solitude du lieu, le spectacle impressionnant de cette ombre si épaisse et si continue au milieu de la libre campagne te feront croire à une divine présence. Cet antre tient sur des rocs profondément minés une montagne suspendue ; il n’est pas de la main de l’homme ; des causes naturelles ont créé l’énorme excavation : le sentiment d’un religieux mystère saisira ton âme ».
Mais la description d’un tel paysage passe à travers l’image bien connue des parcs romains, où la beauté, la magnificence de l’ensemble et son caractère «naturel » sont créés par l’artifice, cf.specus… non manu factus. Et les lieux qui offraient aux hommes des plaisirs simples et purs, une représentation de l’âge d’or d’après Sénèque, ne sont que le contraire des jardins trop artificiels que Sénèque blâmait, epist. 90, 43 :
Non habebant domos instar urbium. Spiritus ac liber inter aperta perflatus et leuis umbra rupis aut arboris et perlucidi fontes riuique non opere nec fistula nec ullo coacto itinere obsolefacti, sed sponte currentes et prata sine arte formosa, inter haec agreste domicilium rustica politum manu : haec erat secundum naturam domus, in qua libebat habitare nec ipsam nec pro ipsa timentem.
« Ils n’avaient pas de maisons spacieuses comme des villes. Le grand air libre, circulant à ciel ouvert, l’ombre inoffensive d’un rocher ou d’un arbre, des fontaines limpides, des ruisseaux que n’avaient déshonorés ni travaux de maçonnerie, ni conduits, ni direction forcée, mais qui couraient à leur convenance, des prairies belles sans rocailles et, au milieu de tout cela, un agreste logis, chef-d’œuvre d’une main rustique : telle était la maison conforme à la nature, dans laquelle il plaisait d’habiter, sans la craindre et sans craindre pour elle ».
Le jardin est bien un moyen idéologique pour expliquer la pensée philosophique et pour donner à l’élève, Lucilius, des enseignements moraux, mais il devient aisément aussi un prétexte pour la diatribe. D’ailleurs, l’art des jardins et surtout l’amour des Romains riches et raffinés pour les jardins somptueusement élaborés par l’ars topiaria se prêtaient merveilleusement aux critiques des moralistes, possédant des traits qui sont souvent stéréotypés. Lucrèce, à l’intérieur de sa polémique contre le luxe, au commencement du livre 2, oppose la richesse surabondante des maisons à la vie simple et sûre du sapiens dans la nature[1], la « nature » étant décrite par les traits du jardin, par des vers qui sont les mêmes, très peu variés, que ceux que Lucrèce avait réservés aux hommes primitifs (cf. 5, 1392-1396), 2, 29-33 :
cum itaque inter se prostrati in gramine molli,
propter aquae riuom, sub ramis arboris altae, 30
non magnis opibus iucunde corpora curant,
praesertim cum tempestas adridet, et anni
tempora conspergunt uiridantis floribus herbas.
« [Il nous suffit de moins], étendus entre amis sur un gazon moelleux, au bord d’un ruisseau, sous les branches d’un grand arbre, de pouvoir sans grand frais nous donner du plaisir, surtout quand le ciel nous sourit, et que la saison brode de fleurs les herbes verdoyantes ».
Les parcs servaient aux riches propriétaires pour se promener et se relâcher. Dans la lettre 114 Sénèque blâme très sévèrement tous les aspects de la vie et de l’œuvre de Mécène : il suffit à Sénèque d’un seul mot, ambulauerit, pour critiquer de façon élégante, et aussi ironique, l’ampleur et la richesse des célèbres jardins de Mécène, epist. 114, 4 :
Quomodo Maecenas uixerit, notius est quam ut narrari nunc debeat, quomodo ambulauerit, quam delicatus fuerit, quam cupierit uideri, quam uitia sua latere noluerit.
« On connaît trop pour qu’il soit besoin à cette heure de la raconter, la façon de vivre de Mécène, son allure à la promenade, ses raffinements, son péché mignon – se faire voir –, sa répugnance à tenir cachés ses vices. »
[1] Pour le coté philosophique cf. Monet, Annick (éd.), Le jardin romain : épicurisme et poésie à Rome, Mélanges offerts à Mayotte Bollack, Actes du colloque « Philodème et Lucrèce : l’épicurisme et la culture littéraire à Rome au 1er siècle avant notre ère », Lille, septembre 2000, Villeneuve-d’Asq, Éd. du Conseil scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille III, 2003 .
Mauro Lasagna (Académie Nationale Virgilienne, Mantoue)
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