dimanche 16 septembre 2012

Jeanne d’Arc



 Alors que nous fêtons le sixième centenaire de sa naissance, peut-on dire que les voix de Jeanne d’Arc appartiennent au passé ? Elles continuent pourtant à nous interroger.
 Les voix qu’elle a entendues et écoutées s’exprimaient en bon français. Les entretiens qu’elle avait, s’inscrivaient dans une logique certaine car les actions et les initiatives que lui faisaient prendre ces voix l’ont conduite à réaliser sur le plan militaire et politique d’impressionnantes victoires dans un contexte historique très complexe. Elle a su donner à l’armée de l’époque la force et l’énergie qui lui manquaient.
 Les voix se sont fait connaître par la bouche de saint Michel, de sainte Marguerite et de sainte Catherine à un moment où la France était sur le point de disparaître.
La voix de la France, c'est-à-dire la langue française aurait pu ne pas être ce qu’elle est, ou tout au moins, ne pas pouvoir s’exprimer par tous les grandes voix des hommes de science, et de la littérature qui ont brillamment illustré les siècles suivants jusqu’à nos jours.
Le procès nous révèle tout le bon sens de cette courageuse lorraine, écoutons là : « pour dire la vérité on est parfois pendu » ;  
Alors qu’on lui demande s’il elle était en état de grâce elle répond : « Si j’y suis, Dieu m’y garde ; si je n’y suis, Dieu veuille m’y mettre, car j’aimerais mieux mourir que de ne pas être en l’amour de Dieu ».
Elle prie régulièrement et suit la messe avec beaucoup de recueillement.
Les nombreux interrogatoires qu’elle a dû subir étaient accablants d’injustice; sa détention en prison  et les chefs d’accusation dont elle a été l’objet, tristement humiliants.
Le feu qui l’a martyrisée était la meilleure façon de faire taire les voix qu’elle entendait. Mais, ces voix ne se sont jamais tues, et elles ont continué à parler en sa faveur pour qu’elle soit enfin canonisée en 1920.
 Cette année 2012 devrait être une année exceptionnelle pour faire revivre les moments extraordinaires de son cheminement intérieur. Ce cheminement est aussi le cheminement de l’église dont elle devrait rappeler cette année, la mémoire. Car, son combat n’est pas d’un autre âge surtout quand l’actualité nous montre les difficultés que nous traversons. Son intercession est nécessaire pour nous montrer la vraie voie.
   Le procès de réhabilitation fait quelques années après son martyre se compose de plus de huit cents pages, et mérite d’être relu par les historiens avec la plus grande attention pour  voir la hauteur à laquelle sainte Jeanne d’Arc nous a élevés.     

Christian Bac

La démocratie proxénète

dimanche 2 septembre 2012

Espérer contre toute espérance


  Dans un  climat de tension sociale lié à une crise économique, la vie de l’esprit est le plus souvent perturbée alors que l’espérance est nécessaire et essentielle pour faire face aux difficultés matérielles qui affectent gravement la personne dans sa vie de tous les jours. La tentation est grande de baisser les bras devant l’attitude irresponsable de certains. Le nihilisme, ce monstre à plusieurs têtes provoque des ravages au point de ne plus voir que notre vie présente s’appuie en fait, sur une force invincible qui est l’espérance.
  Albert Camus a tordu le cou de ce monstre hideux dans son ouvrage intitulé « l’été » page 113 : « Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l’esprit, même  la force  prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer. N’écoutons pas trop ceux qui crient à la fin du monde. Les civilisations ne meurent pas si aisément et même si ce monde devait crouler ce serait après d’autres »
  En effet,  le nihilisme, n’en doutons pas ne cesse de mourir avec toutes les contorsions  de la séduction contagieuse. Albert Camus a les caractéristiques de ce qui au XVII ème siècle a donné l’honnête homme.
 Ceux qui présentent le nihilisme comme une solution, sont déguisés avec les masques fabriqués par les professionnels du découragement qu’ils instrumentalisent à des fins commerciales, pour prendre la place de tous les hommes de bonne volonté.
  Poursuivons la lecture du passage d’Albert Camus. « Il est bien vrai que nous sommes dans une époque tragique. Mais trop de gens confondent le tragique et le désespoir »   
 L’espérance occupe une place très importante dans l’œuvre de Camus contrairement à tous ceux qui ne savent pas lire et caricaturent sa pensée. La tragédie grecque et celle de l’âge classique français s’appuient sur la beauté et non le nihilisme. Comment peut-on  fonder sa vie sur la laideur du rien ? La confiance et la solidarité sont indispensables pour construire sa vie dans la justice dont nous avons tous besoin.
  Les portes des coffres forts ne cessent de se perfectionner, l’insécurité est certes une source de revenus. Pourtant les coffres  forts ne sont pas nés hier et nous ne pouvons pas nous enfermer dans ce qui ne peut pas se protéger par des moyens matériels, et qui demandent une ouverture vers ce qui nous enracine dans l’espérance d’une vie éternelle.
 Les économistes ne peuvent pas travailler comme dans un laboratoire fermé et hermétique sans tenir compte de la vérité, et se lier à la justice qui nous renvoie à la charité. Les personnes ayant des responsabilités financières et économiques ne doivent pas prendre en otage toute une nation pour jouer aux apprentis sorciers, et lui faire faire des opérations frauduleuses en la plongeant dans l’abîme. Albert Camus nous dit que « notre tâche est de trouver les quelques formules qui apaiseront l’angoisse infinie des âmes libres. Nous avons à résoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste »

  Le nihilisme est une idole et comme toutes les idoles, il a besoin d’esclaves pour ruiner et déformer la pensée qui s’appuie sur la vérité. Le nihilisme agit sur les esprits mentalement dépravés. En reprenant la lecture du même ouvrage de Camus à la page 148 nous pouvons lire : « Dès l’instant où l’on peut dire que tout est non sens, on exprime quelque chose qui a du sens ».
   La vie éternelle est déjà en marche si nous nous mettons dans une logique de vraie vie en utilisant les moyens matériels à des fins spirituelles qui nous donneront tout ce dont on a besoin.    

Christian Bac



dimanche 29 juillet 2012

Communiquer avec les sacrements


                                                         
   Nous voudrions voir comment le Dieu de Jésus-Christ se rend si proche de nous par les sacrements qui se fondent tous sur la parole de Dieu qui a parlé par les prophètes pour s’incarner en Jésus-Christ. Ainsi le baptême se fonde sur la sainte trinité dont le Christ nous a révélé l’existence, et nous pouvons nous appuyer sur cette révélation pour entrer en contact immédiat avec un Dieu  devenant le pain eucharistique, sommet de notre lien intime avec Dieu.
    Le corps eucharistique rend présent d’une manière réelle et substantielle : le Père et l’Esprit Saint et, tous ceux qui ont été le rejoindre dans la justice et la sainteté.    
   Avec le Christ, nous avons la certitude de communier et de communiquer avec notre créateur qui est en effet, tout proche de nous,  et se rend familier par les simples paroles qu’il nous a enseignées au moment où ses disciples lui demandaient de leur apprendre à prier.
     Cette demande a été suscitée  par le fait même qu’ils le voyaient toujours en prière.
   C’est comme à des amis,  avec charité et dévouement qu’il leur a appris cette profonde prière qui résume tout l’évangile : le Notre Père.
   Nous devons nous aussi dans les mêmes dispositions apprendre aux enfants ces paroles qui résonnent dans toute l’église pour rendre gloire à notre créateur.
  Cette prière nous dépasse pour nous entraîner à vivre autrement avec notre prochain en communion avec l’Esprit Saint, maître intérieur de la prière qui nous fait vivre le lien vital avec le père par les mérites de Jésus-Christ.
  Il est splendide de pouvoir communiquer ainsi. Nous avons la certitude que la parole de Dieu est incomparablement plus puissante que tous les moyens de communication, utilisés malheureusement  parfois, pour court-circuiter la « bonne nouvelle ».
  La parole de Dieu se fait entendre à nous comme elle s’est fait entendre à Pierre à Jean   et à tous les autres disciples,  à sainte Catherine Labouré,  à Mère Térésa. Elle ne peut pas être mise en concurrence avec les média de notre temps, elle demeure indépassable car elle s’inscrit dans l’éternité pour nous faire comprendre ce que communiquer signifie pour tous les temps.
 Cette prière s’inscrit dans notre cœur pour nous apprendre à respirer. Elle donne aux nouveaux moyens de communication une force que ces moyens ne pourront jamais nous donner, car cette force vient du maître de la vie. Elle reste au cœur des relations vitales qui peuvent nous unir dans la communion.
 Les nouveaux moyens de communication se feront dépasser par les progrès de la technologie mais la parole de Dieu restera toujours au cœur de la vie de la communion qui rend possible notre vie en société fondée sur la communication.
  Les sacrements sont des signes indispensables pour éviter « la crise de la communication » qui rend la vie en société impossible. Tous les jours nous pouvons vérifier cette triste réalité dans la presse, la télévision, les livres, les manuels.
    Partout où les sacrements sont négligés ou oubliés, nous connaissons une vie gravement perturbée qui nous fait courir les pires des dangers car  la lumière et la joie nous sont données par les sacrements.

Christian Bac

samedi 30 juin 2012

Mgr de Rochebrune interrogé par RCF


A l'occasion des cinquante ans du Concile Vatican II, Monseigneur de Rochebrune, Vicaire de l'Opus Dei en France, de passage à Lille le 24 mars était l¹invité d¹une émission de la radio RCF.

13/04/2012

vendredi 29 juin 2012

La certitude


                                                                    
       C’est prioritairement que le doute habite l’esprit « postmoderne » sans se préoccuper de la certitude sans laquelle le doute ne pourrait pas exister. La foi est liée à la certitude et le doute n’est qu’une « étape » seulement pour se rapprocher de la vérité révélée par Jésus-Christ.
      La vie terrestre dans une logique chrétienne s’appuie sur la vérité révélée par Jésus-Christ qui en est le fondement puisque nous avons en Jésus-Christ une religion de l’incarnation. Par conséquent la vérité est une personne présente dans tout l’évangile.
« C’est pour un jugement
   que je suis venu dans ce monde :
    pour que voient ceux qui ne voient pas
    et pour que ceux qui voient deviennent aveugles » Saint Jean 9  39-40 
    Cette révélation chrétienne est une nécessité comme Platon prophétiquement  le faisait si bien remarquer cinq siècles plus tôt : « il est nécessaire qu’un maître vînt du ciel pour instruire l’humanité »
      Au cours de sa vie terrestre il ne cesse d’évacuer et de chasser le doute qui nous envahit chaque fois que notre esprit est en face de quelque chose qui nous interpelle, et   remet en question notre façon de voir, de sentir, de regarder, de toucher, de penser.
   Dans cette perspective, l’école joue un grand rôle dans la perception des sens  qui nous permettent l’accès à la connaissance qui se fait par étapes successives dans un contexte s’inscrivant nécessairement dans le calme et l’humilité ; avec les précautions qui s’imposent, pour ne pas heurter leur sensibilité en construction. 
   Or, nous constatons que dans la plupart des cas l’enseignement dans le calme et l’humilité sont remplacés par l’abîme du doute et du chaos.
Isaïe nous le rappelle : il a rendu leurs yeux aveugles,
                                         Il a endurci leur cœur :
                                         pour que leurs yeux ne voient pas
                                        que leur cœur ne comprenne pas
                                                                                            Isaïe 6  9-10
                                       
  En effet, ni l’humilité ni le calme ne sont au rendez vous dans la formation scolaire. Les disciplines qui pouvaient favoriser l’indispensable concentration des sens comme par exemple l’éducation manuelle et technique ont été amputées ; la musique classique qui devrait occuper une place importante comme le chant choral dans le domaine scolaire sont relégués essentiellement au conservatoire. Quant à la peinture, les programmes scolaires insistent peu sur l’importance de savoir tenir un pinceau.
  L’enseignement de la philosophie qui en Allemagne se fait sur deux années reste le parent pauvre de l’éducation nationale alors qu’il s’agit là d’une discipline qui peut élever l’esprit pour développer le sens de la recherche du beau et du bien.    
   Nous ne savons plus comme Socrate l’a dit nous montrer attentifs et disposés à recevoir avec simplicité la connaissance  « ce que je sais c’est que je ne sais rien ». C’est seulement à partir de cette constatation que nous pouvons avec humilité, nous approcher de la connaissance afin que nos yeux puissent s’ouvrir à la vraie lumière.
   L’étendue de ce qui reste à connaître sera toujours plus grande que ce que nous savons. C’est pourquoi l’humilité pour apprendre est ainsi une nécessité sans laquelle nos yeux restent clos. Cette constatation faite humblement par Socrate est très sûrement à l’origine du progrès de la vraie science qui a besoin de la certitude de la révélation pour ne pas s’égarer.  C’est pourquoi il est utopique et dangereux de vouloir se passer de la révélation pour chercher la lumière.
                                                                                                                                                               Christian Bac

mardi 26 juin 2012

Les frontières et le sacré


Les élites naguère internationalistes ou mondialistes constatent que l'homme est un être concret qui ne peut s'épanouir que dans une identité, une langue, une culture, une religion et que les frontières en sont une protection, un repère essentiel. Le projet babélien semble effrayé de plus en plus les hommes au moment où il leur échappe.
Régis Debray dont nous avons déjà parlé sur ce blog symbolise bien ce chemin parcouru. Son propos est comme toujours brillant et habité.
Cette question par ailleurs politique, touche la question de l'anthropologie et donc ne peut que intéresser le théologien.