jeudi 22 septembre 2011

Saint Josemaria dans un film de Roland Joffé


Roland Joffé, metteur en scène de "Mission" et "La déchirure" vient de réaliser un film dont l'un des héros est le fondateur de l'Opus Dei. Il explique son travail dans une interview donnée à l'agence Zenit.

http://www.opusdei.fr/art.php?p=42476

Roland Joffé, metteur en scène anglais rendu célèbre grâce à "Mission" et "La déchirure", vient de terminer un nouveau film intitulé en anglais "There Be Dragons". Il aborde des questions comme la sainteté et la trahison, l'amour et la haine, le pardon et la violence, la recherche d'un sens à la vie.
L'action se déroule principalement pendant la guerre d'Espagne, et plusieurs histoires s'y trouvent mêlées : celles de soldats révolutionnaires, d'un journaliste, de son père, de saint Josémaria lui-même.

Le film sortira en Espagne le 25 mars 2011, et le 6 mai au Etats Unis.

Roland Joffé a donné une interview à l'agence de presse Zenit, dans laquelle il explique la genèse de son projet. Le site web de saint Josémaria reprend cette interview, illustrée de photos du film. 

mercredi 21 septembre 2011

Bettý


d'Arnaldur Indridason, le maître du polar islandais
Traduction Patrick Guelpa
Résumé du livre
Dans ma cellule je pense à elle, Bettý, si belle, si libre, qui s'avançait vers moi à ce colloque pour me dire son admiration pour ma conférence. Qui aurait pu lui résister. Ensuite, que s'est-il passé ? Je n'avais pas envie de ce travail, de cette relation.J'aurais dû voir les signaux de danger.J'aurais dû comprendre bien plus tôt ce qui se passait.J'aurais dû ...J'aurais dû ...J'aurais dû... Maintenant son mari a été assassiné et c'est moi qu'on accuse. La police ne cherche pas d'autre coupable. Je me remémore toute notre histoire depuis le premier regard et lentement je découvre comment ma culpabilité est indiscutable, mais je sais que je ne suis pas coupable. Un roman noir écrit avant la série qui fit connaître le commissaire Erlendur.
EAN13 : 9782864248453
ISBN : 978-2-86424-845-3
Éditeur : Métailié
Date Parution : 27/10/2011
Collection : Noir
Dimensions : 22 x 14 x 1 cm
sortie prévue : 27 octobre 2011

samedi 4 juin 2011

Le jardin, un sujet philosophique


Après avoir évoqué la pensée de Lucrèce née de la contemplation de la nature, nous proposons un passage de la communication de Mauro Lasagna lors des Journées universitaires de Hérisson (jui 2010)
Le jardin, un sujet philosophique.
D’après Sénèque, la contemplation de la nature prouve l’existence de Dieu, epist. 41, 3 :
Si tibi occurrerit uetustis arboribus et solitam altitudinem egressis frequens lucus et conspectum caeli ramorum aliorum alios protegentium <prouentu>summouens, illa proceritas siluae et secretum loci et admiratio umbrae in aperto tam densae atque continuae fidem tibi numinis faciet. Si quis specus saxis penitus exesis montem suspenderit, non manu factus, sed naturalibus causis in tantam laxitatem excauatus, animum tuum quadam religionis suspicione percutiet.
« Si tu arrives devant une futaie antique d’une hauteur extraordinaire, bois sacré où la multiplication et l’entrelacs des branches dérobent la vue du ciel, la grandeur des arbres, la solitude du lieu, le spectacle impressionnant de cette ombre si épaisse et si continue au milieu de la libre campagne te feront croire à une divine présence. Cet antre tient sur des rocs profondément minés une montagne suspendue ; il n’est pas de la main de l’homme ; des causes naturelles ont créé l’énorme excavation : le sentiment d’un religieux mystère saisira ton âme ».
Mais la description d’un tel paysage passe à travers l’image bien connue des parcs romains, où la beauté, la magnificence de l’ensemble et son caractère «naturel » sont créés par l’artifice, cf.specus… non manu factus. Et les lieux qui offraient aux hommes des plaisirs simples et purs, une représentation de l’âge d’or d’après Sénèque, ne sont que le contraire des jardins trop artificiels que Sénèque blâmait, epist. 90, 43 :
Non habebant domos instar urbium. Spiritus ac liber inter aperta perflatus et leuis umbra rupis aut arboris et perlucidi fontes riuique non opere nec fistula nec ullo coacto itinere obsolefacti, sed sponte currentes et prata sine arte formosa, inter haec agreste domicilium rustica politum manu : haec erat secundum naturam domus, in qua libebat habitare nec ipsam nec pro ipsa timentem.
« Ils n’avaient pas de maisons spacieuses comme des villes. Le grand air libre, circulant à ciel ouvert, l’ombre inoffensive d’un rocher ou d’un arbre, des fontaines limpides, des ruisseaux que n’avaient déshonorés ni travaux de maçonnerie, ni conduits, ni direction forcée, mais qui couraient à leur convenance, des prairies belles sans rocailles et, au milieu de tout cela, un agreste logis, chef-d’œuvre d’une main rustique : telle était la maison conforme à la nature, dans laquelle il plaisait d’habiter, sans la craindre et sans craindre pour elle ».
Le jardin est bien un moyen idéologique pour expliquer la pensée philosophique et pour donner à l’élève, Lucilius, des enseignements moraux, mais il devient aisément aussi un prétexte pour la diatribe. D’ailleurs, l’art des jardins et surtout l’amour des Romains riches et raffinés pour les jardins somptueusement élaborés par l’ars topiaria se prêtaient merveilleusement aux critiques des moralistes, possédant des traits qui sont souvent stéréotypés. Lucrèce, à l’intérieur de sa polémique contre le luxe, au commencement du livre 2, oppose la richesse surabondante des maisons à la vie simple et sûre du sapiens dans la nature[1], la « nature » étant décrite par les traits du jardin, par des vers qui sont les mêmes, très peu variés, que ceux que Lucrèce avait réservés aux hommes primitifs (cf. 5, 1392-1396), 2, 29-33 :
cum itaque inter se prostrati in gramine molli,
propter aquae riuom, sub ramis arboris altae,           30
non magnis opibus iucunde corpora curant,
praesertim cum tempestas adridet, et anni
tempora conspergunt  uiridantis floribus herbas.
« [Il nous suffit de moins], étendus entre amis sur un gazon moelleux, au bord d’un ruisseau, sous les branches d’un grand arbre, de pouvoir sans grand frais nous donner du plaisir, surtout quand le ciel nous sourit, et que la saison brode de fleurs les herbes verdoyantes ».
Les parcs servaient aux riches propriétaires pour se promener et se relâcher. Dans la lettre 114 Sénèque blâme très sévèrement tous les aspects de la vie et de l’œuvre de Mécène : il suffit à Sénèque d’un seul mot, ambulauerit, pour critiquer de façon élégante, et aussi ironique, l’ampleur et la richesse des célèbres jardins de Mécène, epist. 114, 4 :
Quomodo Maecenas uixerit, notius est quam ut narrari nunc debeat, quomodo ambulauerit, quam delicatus fuerit, quam cupierit uideri, quam uitia sua latere noluerit.
« On connaît trop pour qu’il soit besoin à cette heure de la raconter, la façon de vivre de Mécène, son allure à la promenade, ses raffinements, son péché mignon – se faire voir –, sa répugnance à tenir cachés ses vices. »


[1] Pour le coté philosophique cf. Monet, Annick (éd.),  Le jardin romain : épicurisme et poésie à Rome, Mélanges offerts à Mayotte Bollack, Actes du colloque « Philodème et Lucrèce : l’épicurisme et la culture littéraire à Rome au 1er siècle avant notre ère », Lille, septembre 2000, Villeneuve-d’Asq, Éd. du Conseil scientifique de l’Université Charles-de-Gaulle-Lille III, 2003 .
Mauro Lasagna (Académie Nationale Virgilienne,  Mantoue)

mercredi 11 mai 2011


Nous laisserons de côté le « Santo subito » ou «  le piu tarde » pour montrer que l’Eglise dans ses choix fondamentaux restera toujours inspirée par l’esprit saint. Nous avons eu un pape, en la personne de Jean Paul ll qui au cours de son long pontificat, a fait béatifier et canoniser de nombreuses personnes, pour les élever à l’honneur des autels. Ce qui devrait nous aider à relativiser les idoles de la télévision , du cinéma, du monde politique, et sensibiliser le   monde médiatique pour le faire se tourner  quelque peu vers les personnes qui nous montrent le chemin de Jésus- Christ.
    Mais ce travail est encore en chantier. En effet, nous devons résolument nous tourner vers la sainteté. Le choix de ces nouveaux saints peut remettre au premier plan  de notre vie spirituelle tous ceux que nous avons jusqu’ici, plus ou moins négligés  : sainte Jeanne d’Arc, sainte Catherine Labouré, sainte Bernadette, sainte Françoise Cabrini.     
    Jean –Paul II a voué un culte à saint Louis-Marie Grignion de Montfort qui a tant influencé sa spiritualité.  Il serait logique de retourner aux écrits de cette grande figure de l’Eglise qui nous fait paradoxalement sortir de l’esclavage.     
    En somme, les bonnes habitudes cultuelles doivent être reprises sans délai, « subito » comme les nombreuses statues de nos églises nous invitent à le faire depuis des siècles car elles nous aident à nous rapprocher de la vraie connaissance « Connaître crée une communion, c'est ne faire qu’un avec ce qui est connu » Benoît XVI,  Jésus de Nazareth,  page 106.
  Une  fréquentation plus grande des saints nous permettrait de nous rendre plus capables de résoudre nos problèmes.  Un dialogue fructueux devrait nous donner les grâces qui nous manquent et que nous ne  demandons pas. Comme le faisait remarquer la Vision à sainte Catherine Labouré : « Ces rayons sont le symbole des grâces que la sainte Vierge obtient aux personnes qui les lui demandent ».
  La communion des saints nous introduit au  cœur même du mystère de Dieu car le Dieu de Jésus Christ établit un pont entre Ciel et terre en nous faisant participer à son eucharistie qui le rend présent sur terre comme il est au Ciel, et en présence de tous les saints comme il est écrit dans l’Apocalypse. L’adoration eucharistique nous met déjà sur terre, en présence de l’immense foule céleste qui adore l’agneau pascal.
  Combien l’intercession des saints est devenue nécessaire pour ne pas s’éloigner de la vraie vie dont parle Benoît XVI dans son dernier ouvrage Jésus de Nazareth, page 105 : « L’expression « Vie éternelle » signifie la vie elle-même, la vraie vie, qui peut être vécue aussi dans le temps et qui ensuite ne s’achève pas par la mort physique ». 
  Cette relation d’amitié que nous entretenons avec les saints et saintes de tous les temps nous introduit peu à peu dans un temps qui rejoint l’éternité de Jésus ressuscité, et nous pouvons lire le message très réconfortant de Benoît XVl  page 107 dans  Jésus de Nazareth : « Plus il accueille en lui la vérité, plus il se lie à la vérité et y adhère, plus il vit en référence à cela et il est comblé par ce qui ne peut être détruit ». Rapprochons nous de tous les saints avec la bienheureuse Vierge Marie qui accueille Jean Paul ll.
Christian Bac 


Béatification Jean-Paul II


samedi 9 avril 2011


Notre ami Yves Roucaute vient de publier un nouvel essai chez F.-X. de Guibert (Cahiers2Groupe DDB), intitulé : LA PUISSANCE D'HUMANITE
Yves Roucaute est membre du comité scientifique des Cahiers Disputatio
Il a publié dans le n°2 : Vers la paix d'humanité durable

Il était l'invité de Frédéric Taddeï le mardi 5 avril 2011
Nous recommandons très chaleureusement ce nouvel ouvrage du philosophe

PuissancehumaniteLes dernières idoles qui ont porté atteinte à l’humanité des hommes sont en train de perdre leur pouvoir sous nos yeux : ce sont l’État, le Marché et la Raison. Les idéologues perdent l’usage de la parole et la « puissance d’humanité » continue son travail de transformation, même si beaucoup lui reste à faire pour faire sortir de l’humanité primitive une humanité réconciliée, réalisée. Mais cette métamorphose n’est pas spontanée, elle n’obéit pas à un déterminisme aveugle, bien au contraire elle ne sera l’œuvre que de la liberté humaine, mais informée par le message des grandes spiritualités et surtout au-dessus de toutes par le message du Christ Car tel est bien le génie du christianisme, de susciter une humanité nouvelle aspirant à voir naître une civilisation du respect et de l’amour. Yves Roucaute, qui n’est pas catholique, veut, à contre courant de l’opinion dominante, dire la vérité : le catholicisme est une chance pour l’humanité, il est la puissance d’humanité qui nous travaille depuis deux milles ans. « Je ne suis pas catholique, dit-il, mais qu’y puis-je si, à chaque découverte de l’intelligence, cette Église apparaît plus admirable encore, et faudrait-il avoir honte d’une spiritualité qui célèbre sans laxisme depuis des siècles la puissance d’Aimer, au nom de la puissance d’humanité ? La mode n’est pas de mon côté, le politiquement correct moins encore, seulement la recherche de la vérité.»
Ce livre raconte cette recherche. Il montre la puissance du message christique qui transforme les hommes. C’est le message du Christ qui a transformé la civilisation née de Rome et en a banni les sacrifices humains ; c’est le Christ qui est le foyer des Lumières du Moyen-âge, celles des moines et prêtres qui sauvèrent le savoir et travaillèrent à le faire fructifier ; c’est le christianisme qui invente la gratuité de l’école pour les humbles. Yves Roucaute en profite pour tordre le cou à quelques  mythes savamment entretenus par les idéologues modernes :
« Devrais-je raconter la sornette d’une opposition à Copernic, succomber avec Galilée…» ;
Mais également le mythe de l’Inquisition qui aurait été un déni de justice et aurait martyrisé des foules de pauvres gens, alors qu’en réalité elle a été une avancée spectaculaire du droit et une protection des hommes contre les justices expéditives et impitoyables qui avaient encore cours ;
Mettre fin à cette idée que l’Église aurait freiné les sciences quand elle a été leur moteur le plus efficace. Et ce ne sont que quelques exemples marquants, car le livre d’Yves Roucaute met à mal un certain nombre de mensonges devenus vérités à force de propagande. Il montre également que la philosophie moderne née de Descartes est devenue idolâtrique et manifeste la volonté de puissance de l’homme qui ne veut plus se soumettre à une loi naturelle et donc divine, mais devenir comme maître et possesseur de la nature : « Contre les Lumières du Moyen-âge, le cartésianisme offre ainsi à la modernité sa matrice philosophique. L’illusion constructiviste vient de trouver les sophismes dont elle avait besoin. Par leurs volontés, les nouveaux maîtres cartésiens de Vérité, armés d’une Raison unique et d’une Méthode vraie ont bel et bien fermé l’intelligence aux failles de l’Être et aux limites de l’intelligence humaine. »
Toute l’histoire est revisitée à grandes enjambées du néolithique à nos jours et montre que notre espérance en l’avènement d’un monde meilleur n’est pas vaine et que le christianisme est bien la solution pour l’avenir de l’humanité et qu’il lui suffit de ne plus résister à cette information humanisante comme elle le fait malheureusement encore.
Un ouvrage qui vient déranger un bon nombre de préjugés et nous invite à réfléchir sur notre destin individuel et collectif.

SOMMAIRE
Avant Propos 
Première partie : de la découverte de la puissance aux lumières du moyen-âge 
  1. Inhumaine humanité ? De l’esprit sacrificiel à la pensée magico religieuse 
  2. La puissance d’humanité découvre sa liberté créatrice et les limites de la pensée grecque 
  3. La puissance d’humanité découvre la nature de l’humanité  
  4. Le christianisme sauve le savoir de l’antiquité contre les barbares et invente la gratuité de l’école 
  5. Les lumières du Moyen âge contre l’obscurantisme et la fable moderne de l’Inquisition 
  6. La puissance d’humanité impose le souci des humbles : cité de la compassion, trêve de Dieu, concorde contre la fable des croisades 
Deuxième partie : la puissance d’humanité face aux trois idoles de la modernité 
  1. L’esprit chrétien de la Renaissance contre la raison idolâtre de Descartes, Kant et d’Alembert 
  2. La puissance d’humanité face à l’Etat idolâtre 
  3. Contre l’obscurantisme des fausses lumières et du romantisme, au-delà des droits individuels du libéralisme : l’avancée des Droits de l’homme… 
  4. Le christianisme affronte les fausses lumières et les mercantilistes pour abolir l’esclavage et le colonialisme 
  5. La puissance d’humanité sauve Dreyfus en affrontant le paganisme et l’idéologie antisémite de la gauche révolutionnaire 
  6. La puissance d’humanité abat les totalitarismes athées et préfère gagner la paix que la guerre 
  7. La puissance d’humanité dévoile la cité de la compassion contre l’impasse utilitariste et le culte mercantiliste, libéral et libertarien du Marché 
  8. La puissance d’humanité découvre la condition contemporaine contre les « postmodernes » : la paix d’humanité par le développement durable 
Bibliographie
Index

vendredi 1 avril 2011

Vatican II, une nouvelle religion ?


Un petit fascicule intitulé "Carême à domicile" a été distribué dans certaines paroisses dont l'un des articles mérite tout particulièrement d'être analysé. 
"Dans l'épître aux Galates, Paul évoque une altercation qu'il eut avec Pierre, alors que tous deux se trouvaient à Antioche. Pierre, à son arrivée dans cette ville, et malgré l'interdit de la loi juive, avait commencé à prendre ses repas avec les païens qu'avaient évangélisés Paul, Tite et Barnabas. Mais après l'arrivée de chrétiens issus du judaïsme, qui redoutaient d'abandonner les pratiques de leurs pères et voulaient même les imposer aux nouveaux chrétiens (tels la circoncision ou certains interdits alimentaires), Pierre se retire pour rester seul avec les circoncis. Paul dénonce sa dérobade, comprenant aussitôt le risque d'une coupure inacceptable de la communauté chrétienne. Ce n'est plus le respect rigoureux de la loi qui compte, proclame-t-il, mais bien la vérité de l'Evangile.
Episode précieux pour nous, chrétiens d'après Vatican II. Quelques-uns parmi nous ne sont-ils pas inquiets, tels certains circoncis de jadis, à l'idée d'abandonner les "pratiques de leurs pères" ? Relisons la Lettre aux Catholiques de France, publiée en 1996, que nous adressèrent nos évêques : elle note que nous sommes en train de changer de monde et de société, nous invite à accueillir le don de Dieu dans des conditions nouvelles, et à retrouver en même temps le geste initial de l'évangélisation, celui de la proposition simple et résolue de l'Evangile du Christ (...) A chaque époque, précisent-ils encore, les croyants sont appelés à ressaisir d'une façon particulière le sens de la Parole que Dieu leur adresse.
Ne soyons pas inquiets devant les changements qui surviennent aujourd'hui. Ayons confiance dans la promesse de Jésus : 
"Lorsque viendra l'Esprit de vérité, il vous fera accéder à la vérité tout entière (...)
Il me glorifiera car il recevra de ce qui est à moi et il vous le communiquera" (Jean 16,13-14)

Quelques remarques sur ce petit texte.
Si l’on se reporte à cette méditation prévue le 21 mars, on lit une page qui incite à suivre fidèlement les consignes de Vatican II. On s’appuie sur l’Epître aux Galates où Paul relate une altercation avec Pierre. Le texte très connu concerne le respect de la tradition juive face à la vérité de l’Evangile. De façon analogue aujourd’hui on devrait suivre aveuglement Vatican II. Le parallèle établi est curieux. Le texte proposé à la méditation semble suggérer que  Vatican II prêche  une nouvelle religion. Pour le dire autrement, il est suggérer que le passage de l'ancienne alliance à l'Evangile, se reproduirait dans celui de l'église pré-conciliaire à l'église post-conciliaire. pourtant, le même Paul nous avertit que l'Evangile est le dernier mot de la Révélation et que nous devons en attendre aucun autre : "Eh bien ! si nous-même, si un ange venu du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que  nous vous avons prêché, qu'il soit anathème !" (Galates 1,8), et il précisait aux versets 6 et 7 qu'il n'y a qu'un Evangile et que ceux qui prêchent une autre révélation jettent le trouble parmi les fidèles. Nous pourrions encore citer la seconde épître aux Corinthiens 11,3-4 : "Mais j'ai bien peur qu'à l'exemple d'Eve, que le serpent a dupée par son astuce, vos pensées ne se corrompent en s'écartant de la simplicité envers le Christ. Si le premier venu en effet prêche un autre Jésus que celui que nous avons prêché, s'il s'agit de recevoir un Esprit différent de celui que vous avez reçu, ou un Evangile différent de celui que vous avez accueilli, vous le supportez fort bien." Paul veut certainement évoquer un Jésus psychique et non l'homme nouveau assumé par Dieu, et il faut bien entendu entendre cette phrase au conditionnel et non pas à l'indicatif.
Pour autant, il ne faut pas non plus croire que l'Evangile est un cadavre. Il est vivant puisqu'il est la Parole de Dieu adressée aux hommes. Autre chose est donc la Parole, autre chose l'intelligence que nous en avons, puisque ce n'est pas la lettre qui vivifie mais l'Esprit. Il y a donc un développement dogmatique de cette intelligence de la Parole. Ce développement ne devant, bien entendu, jamais être en contradiction avec lui-même, car il faudrait alors admettre que ce que l'Eglise a enseigné concernant la foi pourrait être faux, et que ce qu'elle enseigne aujourd'hui pourrait n'être pas plus crédible. Cette intelligence dogmatique de la Parole est donc comme une graine de sénevé qui finit par devenir un arbre majestueux : l'arbre est plus imposant que la graine, mais pourtant il n'est que cette graine. En aucun cas, ce développement ne pourrait nous faire admettre que d'une graine de sénevé puisse surgir un chêne. Il y a dans la graine toute l'information nécessaire à la croissance de l'arbre, et il n'y a rien de plus dans l'essence de l'arbre que dans celle de la graine.
Notre époque, invoquée par le texte, ne saurait changer la vérité de l'Evangile ! Cette époque n'a absolument rien de particulier concernant ce développement, sinon que nos connaissances cosmologiques, biologiques, anthropologiques, neurologiques peuvent nous aider à mieux comprendre certains passages de la Révélation écrite. Il est évident que la connaissance que nous avons de notre constitution psychique, par exemple, ne peut que nous aider à comprendre ce que Paul veut dire lorsqu'il parle du vieil homme (psychique) qui précèdent l'homme nouveau (pneumatique). Mais en aucun cas les caractéristiques sociologiques de la modernité ne peuvent changer quoi que ce soit à l'information évangélique ! Or, la lecture de ce texte n'évoque pas les découvertes scientifiques, mais nous laisse plutôt penser que ce sont les  conditions sociales nouvelles qui sont évoquées. Devrions-nous alors adapter le message métaphysique, ontologique du Christ pour le rendre plus acceptable aux yeux de ce monde soumis au règne de l'Homme ? N'est-ce pas l'abandon de la prétention au règne social du Christ qui est ici prêchée ? Le texte parle en effet de retrouver le geste initial de l'évangélisation; nous pouvons le comprendre de deux façons : soit il nous est demandé de faire comme saint Paul : de convertir les nations ; soit il nous est demandé d'abandonner l'idée que les nations puissent être chrétiennes et en conséquence de ne pas faire sortir l'Evangile de la sphère privée. Dans le premier cas, nous obéissons à l'ordre du Christ : "Allez donc, de toutes les nations faites des disciples" (Matthieu 28,19); dans le second nous pensons que Dieu n'a pas le droit de cité et nous obéissons aux associations philosophiques des Lumières qui combattirent le catholicisme pour qu'il laisse la place au règne de l'Homme, et de manière plus pragmatique aux banques privées. Il faut se souvenir en effet que l'Eglise a toujours nourri une belle défiance à l'encontre du commerce de l'argent et qu'elle était un obstacle politique à l'épanouissement des puissances d'argent. Elle voulait protéger les hommes de ce nouvel esclavagisme qui apparaît de plus en plus clairement aujourd'hui : les individus mis au service de l'Argent. Il faut reconnaître que la mondialisation de ce pouvoir constitue une  nouveauté historique et une victoire de la puissance ante-christique... est-ce à cette nouveauté que nous devons adapter le message du Christ ? Lui aussi est-il convier à se soumettre au Léviathan ?
Pierre Essain et Jean Jacobie

mercredi 30 mars 2011

20ème anniversaire de la mort de Mgr Marcel Lefebvre


Il y a vingt ans, Mgr Marcel Lefebvre s’éteignait. En février 1990, dans trois conférences données aux Sœurs de la Fraternité Saint-Pie X, à l’Abbaye Saint-Michel, il avait accepté de raconter avec beaucoup de simplicité ce que fut sa vie. Ses propos, recueillis en un petit livre intitulé « La petite histoire de ma longue histoire », s’achèvent sur cet épilogue qui le dépeint tel qu’il fut et tel qu’il demeure dans notre souvenir empli de gratitude.
« Je ne peux pas dire que ce soit moi vraiment qui ai dit : Je vais faire cela, ce sera ainsi… et je pense que… et je veux que… Ce n’est pas cela du tout. Je constate que, toute ma vie, cela a été la même chose. A chaque fois, c’est toujours la Providence qui décide. Moi je résiste plutôt, je ne suis pas tellement d’accord, je ne suis pas tellement désireux. Mais elle me tire quand même : Ah ! non, il faut venir ! Puis, après, ma foi, je vois en effet que le bon Dieu bénit, bénit les choses, et que tout va bien ! Espérons que cela va continuer comme cela… »
Le 25 mars 1991, en la fête de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, il rendait son âme à Dieu.
Abbé Alain Lorans

mardi 22 mars 2011

Le Carême


Le Carême est un grand moment pour tous les chrétiens qui ne cessent de se demander exactement ce qu’il est ou ce qu’il doit être, et nous avons du mal à le vivre  parce que la société sécularisée dans laquelle nous sommes, ne nous dispose pas  vraiment à nous mettre dans la situation adéquate  pour le faire ; comme si à  des époques que nous n’avons pas connues ,il était plus facile de s’organiser.
     Les quarante jours définis par le Carême nous replongent dans les eaux de notre baptême pour y retrouver nos racines. C’est normalement un temps privilégié pour nourrir la pensée de tous et comme nous le rappelle Henri-Bertrand Lacordaire qui a inauguré les conférences de Carême à un moment difficile de l’histoire de France : « L’Eglise embrasse aussi dans les mêmes liens spirituels  l’enfance, le peuple les gens éclairés, les forts et les faibles. Tous, sans distinction, ont les mêmes symboles et la même foi ; au lieu que la philosophie n’embrassait que les hommes instruits »        préface à la conférence de Carême de Henri-Dominique Lacordaire de 1835.
       Loin de critiquer la philosophie puisque dans cette même préface il rappelle les paroles de Platon qui disait « qu’il est nécessaire qu’un maître vînt du ciel pour instruire l’humanité ».
       C’est un message universel pour vraiment nous instruire et nous mettre à travailler dans des conditions meilleures dans tous les domaines de nos différentes activités et occupations. Lacordaire nous rappelle que « l’homme est un être enseigné » et c’est là que se trouve la mission divine de l’Eglise du Christ.
     Il est bon de se remettre en mémoire l’objectif principal des conférences de Carême tel qu’Henri-Bertrand Lacordaire les  définissait, lui qui les a magistralement inaugurées dans sa préface : « c’est de préparer les âmes à la foi, parce que la foi est le principe de l’espérance, de la charité et du salut ».
     A partir de cette impressionnante et édifiante  réflexion, il est sage de reprendre notre chapelet pour continuer cette méditation et nous donner des habitudes enseignées par l’Eglise qui nous prépare au combat que le Christ lui-même a vécu dans le désert, en nous enseignant ce qu’il était nécessaire de faire devant les tentations qui n’épargnent personne pas même l’Eglise,  comme nous le rappelle Alain Besançon  dans son ouvrage intitulé : TROIS TENTATIONS DANS L’EGLISE . Voici ce que nous pouvons lire : « Ce n’est pas un hasard si des deux théologiens du XIXème  siècle qui peuvent encore se lire avec profit dans le nôtre , et qui , d’ailleurs , mirent au centre de leur réflexion l’unité de l’Eglise autour du siège romain, l’un Newman,  venait de l’Eglise anglicane ,et l’autre , Soloviev , de l’Eglise orthodoxe russe . L’intelligentsia catholique de la fin du siècle préférera le style enthousiaste du spiritualisme » page 36 et, immédiatement après, nous pouvons lire : « Il était certes sage de tourner le regard des Catholiques vers saint Thomas »
    Le carême n’est pas une agitation ou gesticulation extérieure, c’est un enracinement  dans  l’expérience multi séculaire de l’Eglise, à la suite  de sainte Bernadette et de sainte Thérèse de l’enfant Jésus.
     Pendant ces quarante jours, il nous est donné de méditer sur la vie de Jésus qui est en pleine communion avec son père et manifeste par sa personne le chemin, la vérité et la vie pour que nous aussi, nous soyons en pleine communion avec l’Eglise.
    Le désert doit nous donner  faim et soif  pour relire avec profit les textes  de la littérature patristique grecque et latine qui nous manquent. En effet les savants commentaires de ces pères sur la prière nous permettent de nous rapprocher de Dieu. 
Christian Bac