jeudi 17 février 2011

Les papes et l’Islam, Les papes de l’Islam


Père Michel Lelong, Les papes et l’Islam, Les papes de l’Islam,41IiGEVUJ4L__SS500_
Koutoubia, Paris 2009, ISBN 9 782753 804074. 18, 90 €.
le livre du Père Michel Lelong est en vente sur notre site dans la rubrique "lectures proposées".

L’idée qui  organise le livre est que les relations conflictuelles entre l’Islam et l’Occident ne sont dues qu’à des incompréhensions mutuelles. Même s’il a existé à certaines époques et dans certains contextes d’étonnantes rencontres. Le livre est d’une grande richesse et contient de nombreux documents d’une grande importance. On lira notamment avec les pages qu’il consacre aux écrits et aux déclarations de Benoit XVI sur la question.
Le père Lelong justifie totalement la mise en œuvre de  l’œcuménisme  actuelle et les tentatives de rapprocher les différentes religions. Il justifie notamment la rencontre d’Assise en expliquant seulement que la finalité n’a pas été suffisamment explicitée. A plusieurs reprises il souligne que le Vatican n’a jamais tenté de réaliser un syncrétisme entre les religions.
On sait que l’œcuménisme est au centre du débat entre la Fraternité saint Pie X et l’Eglise conciliaire. On rappellera quelques-unes des analyses de la Fraternité saint Pie X[1] :
Les trois religions monothéistes en dépit de leur origine commune se contredisent nettement. Pour deux religions, le dogme de la Trinité est compris comme étant un blasphème. L’incarnation de Dieu et celle de la divinité de J. C. est un blasphème.
Comment admettre que Dieu aurait livré aux hommes des révélations différentes et successives ? Donc une des religions est vraie, les deux autres sont fausses. C’est en vain qu’on prétend échapper à l’enseignement du Christ. Les juifs et els musulmans refusent farouchement la divinité du Christ. Ceux qui refusent le Christ ne peuvent honorer le Père qui l’a envoyé.
On passe donc sous silence, les désaccords irréductibles entre les trois religions au nom de l’impératif œcuménique. Or l’expression monothéisme est une expression globalementfausse qui crée l’illusion d’une unité là il y a désaccord profond. L’  Eglise conciliaire a fondé ses espoirs sur l’obtention de la paix avec comme base le socle de la réconciliation entre les trois religions monothéistes. C’est une illusion totale et la paix ne sera jamais obtenue en dehors du Christ ; de plus ce faux œcuménisme a provoqué des dégâts considérables au sein de l’Eglise.
Le débat.
On voit donc que sur cette question la position du Père Lelong s’oppose frontalement à celle de beaucoup de « traditionalistes » qui s’appuient fortement sur cet enseignement qu’hors de l’Église, il n’y a pas de salut. Toute l’ambigüité volontaire de cette formule apparaît dès lors qu’il est admis que l’Église mystique, le Corps du Christ, n’a pas les mêmes frontières que l’Église temporelle. Par ailleurs, l’ignorance de l’Islam, où se trouvent la majorité des catholiques, mais également l’histoire des invasions arabes et des croisades, ne peuvent que nourrir les fantasmes. Le Père Lelong s’appuie quant à lui sur une grande connaissance de l’Islam qu’il a fréquenté de près depuis bien longtemps, ce qui, reconnaissons-le, lui donne une certaine légitimité pour en parler raisonnablement… De plus, depuis les attentats du « World-trade-Center », les musulmans sont suspectés collectivement de soutenir le terrorisme, ce qui ne fait que raviver les défiances. Il est donc important que des catholiques restent charitablement hors de la mêlée, et se gardent d’épouser les humeurs contradictoires du monde, ce qui suppose un certain courage, tant il est vrai qu’il est périlleux de penser librement dans notre société.
Nous pensons comme l’abbé Michel Lelong que le refus de ces fantasmes, plus ou moins guidés par les diverses propagandes qui voudraient prendre le contrôle de nos pensées,sont la marque d’un cœur ferme et que telle doit être la position du catholique ; il doit refuser de se laisser aller aux vieilles injonctions du cerveau animal contre lequel nous devons lutter. Il est donc juste de vouloir la paix, la justice et ainsi faisant de vouloir connaître l’autre pour ce qu’il est et non pour ce qu’on voudrait s’imaginer qu’il est. L’abbé Lelong qui s’est consacré à cette mission depuis bien longtemps peut donc trèslégitimement parler du monde musulman. Il est également légitime de vouloir mettre en évidence ce qui nous rapproche de cette religion ; pourquoi faudrait-il toujours ne porter notre attention et ne donner d’importance qu’à ce qui divise, nous oppose ? C’est là une manière désastreuse d’entamer un dialogue ! Pourquoi donc les oppositions, les divergences seraient-elles plus importantes, plus déterminantes que  les similitudes ? Cette pente psychologique de l’esprit humain, qui se nourrit de la volonté de puissance, nourrit les querelles et conduit à l’enfermement. Tout cela est bien stérile et fort éloigné du Sermon sur la Montagne. Nous devons être des artisans de paix et ne pas contribuer à attiser ces haines qui conduisent à la guerre. Il suffit pour cela d’ouvrir les yeux : ceux de l’intelligence du cœur, ceux de l’esprit.
Pour autant, il n’y a pas non plus de dialogue fructueux si la parole est retenue par des considérations étrangères à la recherche de la vérité. Il y a donc, dans le souci louable de rencontrer l’autre avec un cœur ouvert, le risque, par une peur excessive de le blesser, de ne plus oser lui dire le fond de notre pensée, de ne plus oser aborder les points de divergences – ce qui est au demeurant une forme subtile de la suspicion, un manque de confiance en l’intelligence de l’autre. En ce sens le syncrétisme est le danger qui guetteles âmes de bonne volonté, une faiblesse possible de celui qui veut tisser des relations amicales ; mais encore une fois, l’amitié suppose la vérité. Or, après le Concile, on a vu bon nombre de catholiques glisser sur cette pente, même dans le haut clergé. Cela fut rendu d’autant plus surprenant, pour ne pas dire choquant, que les catholiques traditionnalistes étaient étrangement exclus de ce dialogue ; on aura ainsi vu des pèlerinages de fidèles célébrer des messes sous la pluie devant des cathédrales et églises fermées à double tour, alors que des musulmans y étaient régulièrement invités à venir y célébrer leur culte.
Or, justement le Père Lelong avance avec prudence en évitant tous ces écueils ; ce qui manifeste bien évidemment la justesse de son entreprise.
L’idée du Père Lelong est donc que l’Islam ne représente pas un authentique danger, ainsi qu’on veut à tout prix nous le faire croire depuis quelques années, et qu’il n’est pas intrinsèquement pervers au contraire du communisme qui fut bien peu critiqué par le clergé français ces quarante dernières années.
L’idée de la Fraternité St Pie X est que l’Islam n’est dangereux qu’en raison de nos faiblesses. Ce qui est juste. L’œcuménisme non charitable, qui conduit au relativisme, est autodestructeur, il manifeste moins de la charité qu’une coupable faiblesse. Ce qui est évident, comme l’affirme avec insistance le Père Lelong, est que toute discussion  avec l’Islam ne peut s’enraciner que dans la tradition, dans une connaissance préalable du dogme et des textes fondateurs du catholicisme et dans la liturgie séculaire.
On voit donc que ces positions sont loin d’être contradictoires.
On terminera ce petit propos en revenant sur le procès médiatico-juridique instruit contre certains musulmans : Si l’immigration massive est d’abord de la responsabilité de ceux qui dirigent depuis 40 ans notre pays, comment peuvent-ils prétendre aujourd’hui interdire à des musulmans de pratiquer leur religion et de se vêtir comme bon leur semble?Comment admettre la liberté pour les citoyens de s’habiller de la manière la plus extravagante et ne pas reconnaître le droit de porter un voile ? Car enfin, le voile était porté par les femmes catholiques, notamment en Bretagne, il y a encore 50 ans ; les religieuses portaient encore le voile avant le Concile … la mini-jupe ou le « top less » sont de tradition beaucoup plus récente dans notre pays et ne semblent susciter aucun émoi particulier.

MICHEL MAZOYER
PAUL MIRAULT
[1] Voir le dernier article de l’abbé de Cacqueray, dans Le Sel de la Terre n° 71, 2009-2010, pp.30-45.

Ultime confidence d'Ignace de Loyola dans le "Récit" Dieu à volonté


AUMONT Michèle
Coll. Ouverture philosophique
L'Harmattan
ISBN : 978-2-296-11302-2 • février 2010 • 218 pages
Prix éditeur : 20,50 €  (en vente sur notre site dans la rubrique Lectures proposées)

Cet ouvrage analyse et développe l'ultime "déclaration" qui clôt le "Récit" (autobiographique),  consenti par Ignace de Loyola à  ses Compagnons, un an avant sa mort, et achevé à Rome, le 20 octobre 1555. Ce texte a été révélé à Michèle Aumont comme un legs du fondateur de la Compagnie de Jésus à sa postérité, d'une haute portée spirituelle, mais aussi stratégico-politique et ecclésiale, détenant même peut-être plus qu'un soupçon de prophétisme. 

dimanche 6 février 2011

yves Chiron : Urbain V


A l’occasion de 7e centenaire de la naissance d’Urbain V, Yves Chiron nous propose une monographie consacrée à l’un des derniers papes français d’Avignon. Né au château de Grizac en Lozère, Guillaume Grimoard a connu une  destinée exceptionnelle. N’étant ni évêque, ni cardinal, il sut se maintenir au-delà des coteries.
Elu Pape en 1362, il créa  l’Université de Cracovie, en 1364. Il accord a la création de l’université qui comprend toutes les disciplines, sauf la théologie, le pays ne disposant pas assez de professeurs de théologie.  La première faculté de théologie en Pologne ne sera érigée qu’en 1397 à Cracovie par le pape Boniface IX. Par ailleurs Urbain V réforme le clergé, combat le népotisme et la simonie. Il relance le pèlerinage d’outre mer pour secourir les chrétiens de Terre sainte, développe de nouvelles missions. Quand on souligne l’attachement d’Urbain V à la croisade, il ne faut pas envisager celle-ci comme une sorte de revanche ou de guerre sainte menée contre l’Islam. Il s’agit de porter l’Evangile à l’Est du monde connu (p.195). Urbain V est associé également à de nombreuses réalisations architecturales.
Urbain V fut confronté à la guerre de cent ans et à la peste noire qui décima l’Europe. Il affronta aussi une crise de civilisation. La chrétienté et l’idéal chevaleresque se « fissurent » (p.7 et 8).
La conversion de l’empereur de Constantinople lors du séjour d’Urbain V est un événement majeur du pontificat d’Urbain. Mais Yves Chiron a soin de nous rappeler que ce serait un anachronisme de penser qu’Urbain V est un pape « œcuméniste ». L’auteur préfère à juste titre utiliser le terme d’« unioniste » à son égard. Il est soucieux, comme ses prédécesseurs, de ramener les orthodoxes à l’obéissance (p. 263).  L’attitude d’Urbain IV à l’égard des Juifs d’Avignon retient aussi notre attention.  S’inscrivant dans la politique de ses prédécesseurs  il est intervenu  en faveur de ceux-ci par l’intermédiaire  d’une bulle dont on fait rarement mention aujourd’hui. Il définit un certain nombre de protections dont ils doivent faire l’objet (p. 106-109).
Il fut le seul pontife avignonnais à être béatifié.
Comme à son habitude Yves Chiron, nous propose une monographie claire et accessible à tous, qui est capable de susciter l’intérêt du lecteur, un intérêt qui ne se dément pas au cours de la lecture. Le livre s’adresse à un public large et varié.
Michel Mazoyer

samedi 29 janvier 2011

Arrietty et le monde des Chapardeurs



Arrietty_affichefr
Dans la périphérie de Tokyo, dans une maison qui paraît oubliée au cœur d’un immense jardin, vit une vieille dame, secondée de sa femme de ménage. Rien d’extraordinaire, sauf que, sous le plancher de ladite maison vit aussi une famille de petits êtres, qui se doivent se cacher des humains : parmi eux, la minuscule Arrietty et sa famille. Ils sont les derniers représentants d’un peuple voué à disparaître : les Chapardeurs.
Pour survivre, il leur faut aller, en grand secret, dans la maison, pour chaparder ce dont ils ont besoin pour vivre. Mais attention : ils ne prennent que de petites quantités pour que les habitants de la maison ne se rendent compte de rien… Arrietty connaît les règles : on n’emprunte que ce dont on a besoin, on se méfie du chat, des rats, et on fuit toute relation avec les humains… Pourtant, lorsqu’un jeune garçon, Sho, arrive à la maison pour se reposer avant une grave opération, Arrietty se rend immédiatement compte que tout sera différent. Entre la jeune fille et ce jeune homme solitaire commence une aventure, une relation particulière, qui les fera grandir l’un comme l’autre.
Ce 18ème long-métrage du studio Ghibli s’inspire du roman The Borrowers (Les Chapardeurs) écrit par Mary Norton en 1952. Le style graphique et l’animation fluide des films d’animation Ghibli sont aisément identifiables, comme le goût pour les couleurs vives et pour la nature. La musique, composée par une française, Cécile Corbel, est particulièrement en harmonie avec le message bucolique, écologique et humaniste. Car là est le cœur de l’intérêt de ce film d’animation : la réflexion autour de la découverte de l’autre, de la nécessité de s’ouvrir et d’apprendre à connaître des gens différents de nous, sans avoir peur.
Valérie Faranton

  

samedi 15 janvier 2011

Les victimes


Nous voudrions savoir si les victimes de l’injustice dans l’antiquité n’étaient pas comme aujourd’hui, soumises aux mêmes affres. Le contexte historique n’est certes plus le même, et d’aucuns pensent que le Christ mort sur la Croix est un fait du passé, que certains d’ailleurs occultent en le voilant de toutes sortes de préjugés ; en invoquant des prétextes qui opacifient la notion de justice,  accentuant  ainsi les difficultés des victimes de la violence dont les médias se font l’écho.
Comment oublier le Christ, victime d’un procès monstrueux organisé par des personnages aussi peu soucieux de la justice que Pilate et Hérode  que l’histoire gardera toujours en mémoire pour éviter le mal ? Dans « Je vois Satan tomber comme l’éclair » René Girard écrit à la page 40 « Ce qui motive Pilate, lorsqu’il livre Jésus, c’est la peur d’une émeute. Il fait preuve, dit-on, d’ « habileté politique ».   
Le Christ, victime innocente qui demande à son Père de pardonner à ses bourreaux,  est un fait unique dans l’histoire de l’humanité. En effet, par ces paroles il devient le défenseur de toutes les victimes du monde.  Le Christ  n’a pas été, nous le voyons, une victime comme les autres car il est venu sortir toutes les victimes de leurs tombeaux par souci de justice. Nous pouvons lire dans « je vois Satan tomber comme l’éclair »  à la page  179 « La foi chrétienne consiste à penser qu’à la différence des fausses résurrections mythiques, qui sont réellement enracinées dans les meurtres collectifs, la résurrection du Christ ne doit rien à la violence des hommes. Elle se produit après la mort du Christ, inévitablement, mais pas tout de suite, le troisième jour seulement et, dans une optique chrétienne, elle a son origine en Dieu lui-même ».
En ressuscitant réellement et substantiellement, il devient invulnérable  et se trouve toujours auprès de ses victimes que son Eglise a pour mission de défendre. A partir de cette constatation, nous pouvons en tirer de nombreuses et bienfaisantes conséquences. Ainsi la victime ne reste plus passive comme nous le révèle René Girard dans ses recherches et dans le même ouvrage cité ci-dessus : « La mort de Jésus déjoue le calcul satanique ». En effet, les rituels des sacrifices humains que l’on retrouve dans toutes les cultures et mythes se fondaient sur la violence qui n’a pas de fin, comme nous le rappelle René Girard dans son ouvrage   Achever Clausewitz.
Mais si la Croix du Christ n’est plus le pivot central qui permet de mesurer la justice pour protéger les victimes, alors nous pouvons nous demander si nous ne régressons pas en faisant renaître sous une autre forme  le lynchage et les jeux du cirque qui caractérisaient beaucoup de sociétés de l’antiquité. La  recherche d’un bouc émissaire permettait d’assurer provisoirement  la tranquillité d’une cité, ainsi que les sacrifices humains qui abaissaient la  personne  au rang de l’esclave.
Des signes inquiétants dans les différentes activités de nos sociétés se développent par la montée des actes de violence dans tous les milieux, et quel que soit le niveau culturel. Cette violence ne peut pas être résolue par les nombreux  observatoires mis en place, et ceux qu’il faudrait encore rajouter pour mesurer la conscience pernicieuse de certains esprits, ce qui nous acheminerait vers la société décrite par George Orwell.
Ce n’est certes pas dans les laboratoires que nous pouvons résoudre ce problème. Le  rappel du décalogue mérite un respect absolu, et notamment le dixième  commandement  qui répond à notre question, car il s’agit comme  le souligne  René Girard, de la convoitise ou du désir qui nous pousse à vouloir ce qui ne nous appartient pas,  en nous plongeant dans une logique de violence sans fin.  
Une régression dans le domaine des sciences et des droits de l’homme  peut arriver si  nous oublions nos racines chrétiennes  en nous faisant courir le risque de nous éloigner de la Vérité que l’anamnèse proclamée par l’Eglise commémore dans son eucharistie.
Une mentalité archaïque pourrait se développer et réveiller les réflexes du vieil homme. Elle reste malheureusement en opposition totale avec  l’homme nouveau.         
Christian Bac     

jeudi 6 janvier 2011

La guerre civile aussi


Nos élites qui pendant des décennies ont cru bon, pour certainement favoriser leurs carrières, de vomir le christianisme, surtout le christianisme catholique, deviennent de plus en plus ouvertement christianophiles.
Pendant toute la période allant de 1981 à 2007, il était impossible de prétendre faire carrière en affichant ostensiblement son catholicisme. A l'époque, l'islam était valorisé et les chrétiens devaient se taire.
Depuis le 11 septembre 2001, l'islam est devenu le nouvel ennemi de l'Empire, et petit à petit, nous avons vu, au nom de cette lutte de plus en plus ouverte contre cette religion, les discours anti-islam se multiplier sans que les gardiens du temple osent poursuivre en justice leurs auteurs.
Il ne faut pas que les catholiques soient dupes de ces manoeuvres : il n'est évidemment pas impossible que nos élites se convertissent et nous le leur souhaitons, mais pour autant, il n'est pas non plus impossible que tout cela s'inscrive dans une stratégie guerrière. Après avoir fait entrer des millions de musulmans en Europe, en affirmant que cette Europe n'avait pas de racines chrétiennes, et que partant de là l'Islam était parfaitement compatible avec notre culture, on nous invite à un replis communautaire. Il faut que les chrétiens se sentent à nouveau libres de revendiquer leur propre culture face aux musulmans "qui prient dans la rue, imposent le voile à leurs épouses et filles, veulent construire des mosquées dans nos centre-villes etc" (puisqu'on ne nous les présente plus que sous cet angle dévalorisant). Or, ce qui est très étrange, c'est que ces discours contradictoires proviennent des mêmes hommes et organismes occultes.
On voudrait déclencher une guerre inter-ethnico-religieuse que l'on ne s'y prendrait pas autrement.
Cela sera d'autant plus aisé, que les nouveaux christianophiles sont aussi instruits de cette théologie que les pseudo-musulmans de banlieue le sont de la théologie musulmane. Ce ne sont donc que des esprits ravagés par l'américanisme qui vont se précipiter dans la violence demain. Les catholiques authentiques ne peuvent que refuser cette logique perverse et criminelle. Les catholiques et les musulmans doivent refuser ce piège immonde et criminel.
Jean Jacobie

dimanche 19 décembre 2010

A propos de la Basilique saint Nicolas de Barri


Saint Nicolas fut évêque à Myra, ville située dans l’actuelle Turquie, au temps de l’empereur Constantin (306-337). La vie de ce saint fut écrite aux IVème et Vème siècle mais nous n’en connaissons qu’une petite partie. Nous savons, en particulier, grâce à l’historien Byzantin Théodore le lecteur (515), qu’il a participé au concile de Nicée (325). D’autres épisodes de la vie du saint nous sont parvenus par la tradition orale réunis par l’archimandrite Michel (800) (voir le guide de la Basilique). Il est vénéré par l’ensemble du monde orthodoxe, notamment en Russie, et de nombreux édifices lui sont consacrés dans le monde. Toutefois, la Basilique de Bari qui lui est dédiée est un des hauts lieux de son culte.
Parmi les innombrables trésors que contient la Basilique, on retiendra, à titre d’exemples, le plafond de la nef de Carlo Rosa (1661), le ciborium, la Cathèdre de l’Abbé Elie (1098). Le trône épiscopal est une réalisation remarquable, une œuvre d’une maturité artistique exceptionnelle.
La crypte, qui fut sans doute la première partie de l’église à être achevée, permet de se recueillir sur la tombe de saint Nicolas.  Elle constitue aussi un des hauts lieux de l’œcuménisme, puisqu’une chapelle est réservée au Culte orthodoxe. Le guide de la Basilique nous donne les précisions suivantes :
« Dans le sillage de Vatican II et de l’amélioration des relations entre Catholiques et Orthodoxes, le saint siège a jugé opportun de donner suite aux souhaits des pères dominicains et de l’archevêque de Bari d’accueillir dans la Basilique une chapelle orientale, où même les Orthodoxes pourraient célébrer leur liturgie. Le cardinal Paolo Giobbe  devait dire : ‘C’est la première fois que, dans l’église latine, on construit une chapelle pour la célébration de la liturgie orientale. Cette réalisation est un des nombreux fruits du Concile œcuménique’ »

Pierre Essain

vendredi 17 décembre 2010

Le crucifiement de saint Pierre, Pascal Bernardin


Mise en page 1 (4)Dans son premier ouvrage, Machiavel pédagogue, l’universitaire Pascal Bernardin  avait mis en lumière les techniques de manipulations mentales qui gangrenaient  l’Education nationale. Dans L'Empire écologique  (prix Renaissance 2000), il dénonçait l’écologie subvertie par le mondialisme.
Paru en novembre 2009, Le crucifiement de saint Pierre est ignoré, et pour cause. Son auteur y analyse les origines de la crise de l’Eglise et rappelle la nécessité de rester vigilant face aux prises de position de sa hiérarchie. S’appuyant sur d’innombrables écrits, il démontre que se modifie progressivement la conception de l’homme et de Dieu au sein même du monde catholique. Ainsi prouve-t-il que des infiltrations politico-religieuses panthéistes, gnostiques et maçonniques[1], œuvrent en faveur d’un syncrétisme religieux. Se développe une spiritualité globale s’appuyant sur un postulat erroné : « La nature est gracieuse », à savoir qu’elle participe de la Divinité, émane de Celle-ci. Ce qui aboutit purement et simplement à « surnaturaliser la nature » et « naturaliser le surnaturel ». L’Eglise étant progressivement assimilée à l’humanité tout entière, la pensée que l’homme est capable de se sauver tout seul se généralise :
« Tous les hommes, depuis le commencement jusqu’à la fin du monde ont été rachetés et justifiés par le Christ et par sa Croix. » (Le signe de contradiction, Cardinal Wojtila)
Affranchi du Jugement divin, l’homme s’abandonne à ses passions,
« Car un temps viendra où les hommes ne supporteront pas la saine doctrine, mais au gré de leurs désirs se donneront une foule de maîtres, l’oreille leur démangeant, et ils détourneront l’oreille de la vérité pour se tourner vers les fables. »   (II Tim. 4, 3-4).
Isabelle Rivière


[1] « La gnose désigne l’ensemble des doctrines qui affirment que l’homme est de nature divine et qu’il doit parvenir à prendre conscience de sa nature réelle par la connaissance (gnose). La gnose est donc une doctrine panthéiste. En sens inverse, le panthéisme mène directement à la gnose : si Dieu est tout en tous, il nous faut prendre possession de notre nature divine, la réaliser par la connaissance vraie de la réalité, par la gnose. La maçonnerie est, pour sa part, le véhicule le plus commun dans la chrétienté des thèses gnostiques et panthéistes. Toutes ces doctrines sontnaturalistes en ce qu’elles affirment que notre nature est divine et donc gracieuse. », note 35, p.34,Le crucifiement de saint Pierre, novembre 2009, 309 p., 19 euros, ISBN 2-9509570-2-1, Editions Notre-Dame des Grâces (Jerôme Foulon, BP.19, 06340 DRAP)


mardi 30 novembre 2010

Cur Deus homo


Duplice creazione ,duplice scopo dell'incarnazione.Maria Immacolata e Maria Maddalena,Nuovi cieli e nuova terra.

Il Signore ha mostrato la distinzione finale tra nuovi cieli ,santi ed angeli fedeli,e nuova terra uscita dalle pene infernali distruttive del peccato per i dannati per il peccato contro lo Spirito santo
.Questa distinzione nel termine della redenzione risolve un contrasto tra San Tommaso d'Aquino e il beato Duns Scoto.
San Tommaso accentua nell'incarnazione la necessità della distruzione del peccato introdotto dal libero arbitrio nella prima creazione fatta senza il consenso della creature ragionevoli.
Duns Scoto accentua il fine della divinizzazione dell'uomo in Cristo, ricezione dello Spirito santo che è solo nella libertà del consenso
 
Peppino Orlando

samedi 27 novembre 2010

Dieu, un dictateur converti à la démocratie ?


NOMO, J., L., Dieu, un dictateur converti à la démocratie ?, L’Harmattan, Chrétiens autrement, Paris, 2006.
Enfin un ouvrage  sur Dieu vu à travers le prisme de la modernité ! Il est difficile d’en faire un résumé complet, mais soulignons tout de suite que l’auteur, ingénieur commercial, ancien petit séminariste, a tenté d’associé l’étude de Dieu avec le Progrès.
A l’époque de la conscience individuelle, se pourrait-il que Dieu soit encore cette divinité terrible qui pourchasse Dagon et écrase de son ire les incroyants ?  Le fond du problème pour monsieur Nomo est le semblant d’opposition entre le dieu vétérotestamentaire et celui du Nouveau Testament. Yahvé serait un Dieu brutal, vengeur, presque misanthrope, donc un tyran, alors que le Christ aurait présenté un dieu aimant, capable de comprendre l’Homme et prêt à supporter le refus de son obéissance, donc un démocrate. 
Ce travail est révélateur de la pensée de nombreux catholiques d’aujourd’hui qui tentent, seuls, de comprendre la complexité des textes bibliques avec les outils qui leurs sont donnés. Il n’est donc pas étonnant que toute l’étude de monsieur Nomo soit tournée afin de démontrer la conversion de Dieu au Progrès, qui serait une valeur suprême…
Pourtant, ne pensons pas que Dieu abandonnerait Ses créatures, comme un bon démocrate, Ses Lois sont bonnes pour la société humaine et doivent être respectées. A une époque brutale succède une époque de compréhension.
Dans le Décalogue, la loi du Talion est proclamée alors que dans l’Evangile selon Saint Jean, le Christ sauve une femme adultère en rappelant que tous ont déjà pêché et qu’ils ont la possibilité de se racheter. Le délinquant, une fois sa peine purgée, est apte à être réintégré dans la Cité.
Le pêcheur est alors un hors-la-loi promis à la Géhenne/prison. De fait l’enfer, serait la fin promise à ceux qui font le choix de ne pas reconnaître Dieu. De fait le Démon serait alors son collègue, ou au moins son homologue avec qui il partagerait les âmes…A un Dieu destructeur et apporteur de Déluge succéderait un Dieu conciliant et capable d’accepter le fait que ces créatures puissent lui tourner le dos.
L’auteur va même plus loin et se demande si Satan ne serait pas un autre nom de Dieu sous son hypostase brutale et tyrannique. 
La principale critique que l’on pourrait reprocher à cet ouvrage est le retour de la marotte gnostique. L’auteur cite un document apologétique de la gnose produit par la loge maçonniqueFidélité et Prudence. Y est affirmé la possibilité de comprendre Dieu en dehors des Ecrits Saints. Dieu serait abordable directement par la science. Il n’est donc pas surprenant que l’auteur se sente mal à l’aise avec l’apparente contradiction des textes bibliques. Il essaye d’ailleurs d’opposer Moïse au Christ, comme il oppose le Dieu mauvais vétérotestamentaire au dieu bon du Nouveau Testament. L’auteur liquide la question eschatologique de l’Apocalypse qui est justement la reprise en main de l’Univers par Dieu et la destruction du Mal, ou encore la Bonté de la Création…
Cette obsession scientifique se retrouve également avec la conception du Christ. Comment se pourrait-il que la Vierge tomba enceinte d’un enfant de chair sans apport de chair. Dieu se serait alors matérialisé et aurait couché avec la Vierge pour donner naissance au Christ…
Je laisse au lecteur la possibilité de se faire un avis. L’auteur en tentant de s’opposer aufondamentalisme ne tombe t’il pas dans le piège de l’incompréhension de la notion du Mystère ? J’aimerai connaître son avis sur la transsubstantiation…
Nicolas Lennart